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Barbara KELCH

 

Une histoire - Cent histoires (OEUFS DE FABERGE)

 

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LA FRANCE COMME TERRE D'OUBLI.

Le 10 décembre 1905, le train Riviera Express en provenance de Moscou entre en gare de Nice. A son bord se trouvent un couple et une petite fille de nationalité Russe.

Nice est à la mode chez les riches russes depuis que l'impératrice Alexandra Fédorovna , veuve du Tsar Nicolas 1er est venue en 1859, pour raisons de santé.

A partir de cette date, Nice devient le lieu de villégiature des riches russes qui fuit le glacial et rude hiver Russe. Une église orthodoxe se trouve à Nice fondée après la mort du Tsaréviitch Nicolas, fils aîné du tsar'Alexandre II et de la tsarine Maria mort dans cette ville de tuberculose en 1865.

Le couple qui descend sur le quai, se nomment Alexandre kech et son épouse Barbara née Bazanova. Un couple atypique pour l'époque car la personne qui détient la fortune est Barbara.Petite-fille de Ivan Bazanov (1813-30 juin 1883) homme ayant fait fortune Irkoutsk en Sibérie grâce aux mines d'or, une compagnie maritime, commerce du thé et de la soie avec la Chine. La richesse n’a pas apporté le bonheur familial à Ivan Bazanov. Ses quatre enfants, sa femme, sont morts avant lui. A son décès Il ne lui reste qu’une petite fille Barbara née le 24 avril 1869 à Irkoutsk.. Fille de son fils Peter et juiia Bazanova née Lyavansky. Sa belle-fille et son gendre Peter Sivers, mari de sa fille Amalia . A sa mort il partage sa fortune entre son gendre, sa belle-fille et sa petite fille.

Après la mort de son beau-père elle décide de s’installer à Moscou. Elle s’établie dans un palais 8 rue Moskovaia et commence ce qui sera l’œuvre de sa vie la philanthropie. Elle fera construire un hôpital pour soigner les enfants à Irkoutsk selon la volonté testamentaire de son beau-père une clinique pour soigner les maladies des oreilles, de la gorge à Moscou seront ses réalisations les plus, connues.

A Moscou, elle se lie d'amitié avec Ferdinand Kelch, homme ayant enseigné dans plusieurs écoles militaires à travers la russie. Ils partagent le même point de vue sur l'éducation des

 

enfants et des adolescents, il aide julia à construire des écoles, des lycées. De ses deux mariages dix enfants sont nés Dans cette famille, Barbara trouve des camarades de jeux.

Le 24 avril 1892, elle épouse à Moscou Nicolai Kelch, fils aîné de ferdinand Kelch et Ludovica Ossipova première épouse de Ferdinand. Le contrat de mariage stipule que Barbara gère elle-même ses biens. Son mari n'a aucun droit sur sa fortune. Celle-ci augmente encore avec le décès le 25 juin 1892 de son oncle Peter Sivers, sans héritiers directs, ils laisse toute sa fortune à Varvara. Son frère essaie de contester le testament mais il sera débouté. Barbara devient l'une des femmes les plus riches de Russie

Cela, ne semble pas gêné Nicolai qui exerce le métier d'aide avocat et quitte ce travail après son mariage. Le couple s'installe à Moscou mais revient fréquemment à Irkoutsk. C'est dans cette ville que naît leur fille Julia le 25 mars 1893. Le 17 septembre 1893 Nicholas Kelch meurt à Moscou d’une insuffisance cardiaque à l'âge de 33 ans. Varvara est veuve à 26 ans et mère d'une petite fille de six mois.

Elle retourne chez sa mère pour entamer les quarante jours de deuil qui sont la régle dans la religion orthodoxe. En, 1894 elle accepte la demande en mariage du frère cadet de son mari Alexandre Kelch né le 15 février 1860 diplômé de l’université de Moscou, diplômé du quatrième corps d’armée de Moscou. Il sert à Saint Petersbourg dans le régiment du comte witte en tant que cornette.

C’est un mariage de raison, ils se connaissent depuis des années. D’ailleurs, au début de leur mariage Barbara vivra à Moscou et Alexandre à Saint Petersbourg au 53 rue Bolchaia Moskaia. En 1897, Barbara décide en1897 d’acheter le manoir de deux étages du consul grec Ivan Kondoyanadi situé au 28 rue Sergeivkaia pour 300 000 mille roubles.

En achetant ce manoir elle embauche trois architectes pour refaire la façade, la décoration intérieur, et la construction de nouvelles dépendances. Par ses dimensions et son luxe ce manoir peut rivaliser avec les palais impériaux. La famille s’installe définitivement dans le manoir au milieu de l’année 1898 .

En attendant, la fin des travaux ’installe au 22 quai des Anglais à Saint Petersbourg . C’est dans cette maison que naît leur fils nicolas le 2 juillet 1897. Cette naissance va devenir le ciment du couple.

Pour marquer l’événement Alexandre offre à sa femme un œuf de Fabergé. Le joaillier n’en produisant que pour la famille impériale. Barbara n’est pas une inconnue pour Fabergé car celle-ci à la passion des joyaux et a commandé plusieurs pièces dans ses ateliers. Elle ne veut que des diamants, des saphirs, des émeraudes, des rubis ou des perles de la plus belle qualité.

A partir de 1897, le couple effectue plusieurs séjours en France où Varvara découvre le joaillier Boucheron dont elle sera une dés plus fidèles clientes aussi bien à Paris que dans leur

 

succursale à Saint Petersbourg.

Cette vie va être anéantie le 07 février 1904, leur fils Nicolas meurt dans d’atroces souffrances de la scarlatine. Le 9 février 1904, Barbara effondrée suit la dépouille de son fils. Elle franchit pour la dernière fois la porte du manoir et n’y reviendra jamais ne pouvant vivre dans le lieu où son fils adoré est mort,

Le couple s’installe temporairement avec les domestiques à l’hôtel de l’Europe. C’est dans cet hôtel qu’elle recevra son dernier œuf de Fabergé. Cette coutume ayant été crée pour la naissance de son fils, sa mort y mettra fin. En Août 1904, le couple achète une maison rue glinka. Barbara ne se remet pas de la mort de son fils et décide de s’installer à Paris au cours de l’année 1905.

C’est pourquoi la famille est à nice ce 10 décembre 1905, Alexandre espère que ce voyage va permettre à sa femme d’oublier son idée d’installation à Paris. Le 24 décembre ils sont à Paris à l’hôtel bristol

En février, 1906 il effectue un séjour à Monté-Carlo et Nice. En mai, Barbara loue un appartement à Paris 9 rue boccador dans le 8ème arrondissement confirmant son intentions de rester à Paris. Son mari demande à sa belle-mère de venir raisonner sa fille. Elle ne cédé pas.

Puisque rien ne peut faire fléchir sa décision, il est décidé qu’ Alexandre retournera à Saint Petersbourg auprès de son régiment et s’occupera des affaires de Barbara. Julia est placé dans un pensionnat suisse à Pully tenu par Melle Barrière. Elle poursuivra sa scolarité dans cette institution jusqu’à l’obtention de son diplôme en 1911.

Après le départ de sa famille Barbara s’installe le 09 octobre 1906 rue 3 Boissière.

Elle obtient une carte de séjour de 10 ans. En remplissant les papiers elle se rajeunit de 3 ans écrivant qu’elle est née le 24 avril 1872. Coquetterie de femme. Cette date sera sa date de naissance officielle en France.

Jusqu’au déclenchement de la guerre de 1914, elle s’installe dans une routine janvier, février, séjour à Monté-Carlo et Nice. Elle revient à Paris de Mars à juin, participant à des conférences, des ventes de charités, des sorties au théâtre. Entre Juillet et août elle effectue un séjour à Baden-Baden avec sa fille. En, septembre, un séjour à Versailles. A partir de la mi-décembre elle s’installe à nouveau à Nice ou Monté-Carlo.

Au cours de ces années, elle visite régulièrement Boucheron ou elle effectue ses achats les plus importants : 2 diadémes de diamants, colliers de perles, broches et bracelets ornés de saphirs, rubis, émeraudes, perles.

Entre 1906 et 1918, elle déménage plusieurs fois le 3 novembre 1908 elle emménage 3 rue Blanche dans le 9 ème arrondissement. Le 1er février 1909, elle emménage rue le tasse 16 ème arrondissement jusqu’en juin 1916, entre juin 1916 et décembre 1916 , elle vit au 50 rue

 

Marceau dans le 8ème arrondissement, de décembre 1916 à décembre1918 5, rue Monceau dans le 8ème arrondissement.

Son mari lui rend visite tout les ans en France. Il effectue chez Boucheron en 1913 l’achat de boutons de manchettes et d’une bague taille émeraude. Entre 1909 et 1910 les mines, la station ferroviaire et le reste de l’entreprise sont vendus car mal géré par les administrateurs, elles perdent de l’argent. La vente rapporte àBarbara et sa mère 6 millions de roubles.

En, janvier 1913 le manoir est vendu à Monsieur Ivan Alexandrov administrateur du crédit mutuel pour une valeur de 500 000 roubles.

Au moment de la déclaration de la grande guerre, elle trouve à monté-carlo. Son activité lors de cette période n’est pas connue.En 1915, elle obtient le divorce d’avec Alexandre Kelch. En mars, 1916 la révolution éclate en Russie. Sa fille julia qui est revenue en Russie après la fin de ses études se marie le 1er juin 1916 avec le baron Léon Girard de Soucanton. Homme issue d’une famille comtale Française ayant émigré en Allemagne, puis en Russie suite à la conversion à la religion Protestante de son ancêtre Jean-Charles Girard de Soucanton. Il obtient le 12 décembre 1862, le titre de baron par ukase impérial d’Alexandre II . Son mari est officier de marine et aide de camp du grand-duc Michel Romanov, frère du tsar Nicols II. Elle devient grand-mère d’une petite fille née le 25 février 1917 nommée Ksénia.

En mai, 1918 on lui délivre un passeport pour se rendre en Angleterre auprès de sa fille, son gendre, et sa petite-fille qui ont fui la Russie avec les troupes anglaises. De plus, le baron est en Angleterre pour la mission russe, ayant était marié avec une américaine Alexandrine walters de 1912 à 1915. Cette femme conteste le divorce en russie et demande une révision auprès des tribunaux anglais. Elle sera déboutée de sa demande auprès des tribunaux en 1919.

Elle reste avec julia jusqu’en novembre 1918 et rentre en France. En 1919, julia et sa famille retourne en Russie pour combattre auprès des armées blanches.

A partir des années 20, elle n’est plus recensée dans les pages mondaines des journaux. Elle emménage le 18 décembre 1918 3 rue des hamelins. Elle continue ses achats chez boucheron. Au cours de cette décennie sa mère julia Bazanov meurt le28 août 1924 à Moscou dans la misère la plus absolue. Le médecin qui dirige la clinique qu’elle a fondée paie les obsèques. Elle repose avec son gendre Nicholas dans le mausolée que Barbara a fait construire en 1911 au cimetière Moscovite Vvedensky.

En 1930, elle emménage au 10 bis rue Anatole de la forge avec une amie Mademoiselle marie Beltzer née le 06 octobre 1879 à Rouen. En novembre,1930 son ex- mari Alexandre Kelch est arrêté et emprisonné. En Janvier, 1931 il sera déporté Casten en Sibérie. Elle effectue une dernière visite chez Boucheron le 28 octobre 1932.

En, 1936 elle emménage 3 rue Bassano dans le 16 ème arrondissement. Sa santé se dégrade aux niveaux des yeux et des articulations. Elle emploie à la journée une dame qui est la fois

 

infirmière et dame de compagnie.

Le 31 décembre 1939, elle emménage 15 rue Massenet avec son infirmière et dame de compagnie et le fils de celle-ci. En, 1949 elle reçoit une demande de sa fille julia pour lui rendre visite depuis Shanghai. Elle refuse mais finit par accepter en septembre 1949.

En, 1950 elle revoit sa fille qui lui présente son mari Alexandre Beloroukoff épousé le 8 mai 1932 à Shanghai. On ne sait pas si elle veuve ou divorcé de lev girard de soucanton. Le 2 juillet 1951, elle est placée à la maison russe à Sainte geneviève des bois par Julia et son mari qui doivent émigrer aux états unis en novembre 1951. Ils rejoignent la fille de julia ksénia et son mari Boris norris qui s’y trouvent déjà.

Sa santé devient de plus en plus précaire, elle perd la mémoire et meurt le 12 novembre 1959 à la maison russe de Sainte Geneviéve des bois officiellement à l’âge de 87 ans. En réalité elle a 90 ans.

Elle laisse une somme d’argent à sa fille Julia. Mais les fabuleux bijoux ne sont pas dans l’héritage. Vendus, perdus, volés ou cachés seule Barbara connaît la réponse.

Elle repose au cimetière russe de sainte Geneviève des bois. En 1961, sa fille Julia achètera une autre concession au cimetière et les restes de Barbara Kelch seront transférés. Un dernier clin d’œil à une vie si agitée.

Cette femme qui à la suite d’un grand chagrin qui ne se refermera jamais complètement quitta son pays pour ne jamais y revenir aurait peut-être préférée une vie simple à l’opposé de la sienne qui fut un roman.

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